Cela ne fait pas dix ans que Patricia Lefebvre prit le pinceau pour la première fois, à la faveur, si on peut dire, d’un accident qui l’immobilisa, l’amenant à reconsidérer ce qui pouvait être essentiel. Encouragée par d’autres artistes, comme Jaber, cette autodidacte eut très vite l’opportunité de pouvoir exposer son travail, dans des lieux aussi prestigieux que l’ONU à Genève ou encore à Los Angeles, Hambourg, à Propriano, en Corse, ou à Paris…
Comme nombre d’artistes, mais de manière plus délibérée encore, elle a choisi la peinture plutôt que l’écriture, qu’elle pratiqua longtemps : un autre langage, un autre vocabulaire, plus libre dans ses formes, plus directement proche des émotions -à la fois de celle des spectateurs et des siennes- plus intime aussi donc.
Aujourd’hui, au cœur de son travail, une impressionnante galerie de « portraits imaginaires », comme elle aime à les appeler. Le portrait est pour l’artiste une véritable passion qu’elle n’a jamais cessé de travailler. Plus géométriques, plus cubistes puis plus « tribaux » par le passé, ils sont aujourd’hui plus clairement figuratifs . Mais s’agit-il seulement d’une figuration « ingénue », néo-romantique ?
D’emblée, on est frappé, happé par ces yeux grands ouverts, ces regards omniprésents autour desquels l’artiste bâtit les traits du visage. Des visages aux airs mélancoliques suggérant par leurs lignes et contours, un certain dépouillement, la sensualité hiératique des « anges au visage grave » de Modigliani.
Les mélanges de couleurs, subtilement déclinées à partir de tons primaires donnent à ces portraits une aura particulière. Une sorte de maquillage, explique l’artiste, en deçà duquel on peut imaginer un visage, réel ou fictif, mais autre, comme un double…
La théâtralité de ce « masque » coloré est pourtant troublée par ces regards envahissants qui ne sauraient tromper, s’il est vrai, comme on le dit souvent, que les yeux sont les fenêtres de l’âme.
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